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L’EPOUSTOUFLANTE FINALE DU CONCOURS DE CHANSONS SUR L’EAU ET L’ENVIRONNEMENT
En cette nuit glaciale du 24 janvier, le Village de la Biodiversité fourmille de monde venu voir les 12 finalistes de la première édition du Concours de chansons sur l’eau et l’environnement. Comme tous les jeudis, depuis le début, le jury est au complet : Maimouna Mint Saleck, Athié Michry, Ahmed Ould Abba, Waraba et Siré Camara. Mais, également, Mister X, à la présentation et à l’animation.
"Et nous voilà aujourd’hui à la phase finale de ce concours, ici, en terre mauritanienne, dans la charmante capitale : Nouakchott", s’enthousiasme son initiateur Ngaari Laaw, avant d’expliquer que les cinq lauréats "seront primés et partiront au Sénégal pour les besoins de la production d’une compilation de leurs chansons".
En attendant, Baby Sarr monte au créneau pour dissiper les nuages de frustration qui se sont élevés après la publication de la liste des 12 finalistes retenus par le jury.
"Ce concours est un échange, une rencontre, une retrouvaille. Il faut que les chanteurs comprennent qu’on ne pouvait pas tous les retenir. Ce n’est pas possible. Chaque participant a apporté quelque chose. Soyons fair-play et le fait d’être là ensemble, c’est déjà une réussite", résume-t-il, avec l’espoir que ses propos ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd.
Le public est là pour profiter d’une finale époustouflante. Sur la scène, surplombée d’une méga banderole, la finale débute enfin avec El Féky Mohamed Athié qui utilise des effets spéciaux sonores dans sa chanson. De son côté, Moudo Alassane Diagne bouscule également la nature en faisant entendre des hennissements de cheval, des meuglements de vache, des gazouillements d’oiseau.
Puis, les guitares électriques d’Etrane de Tombouctou installent le public dans une musique aux tendances touareg. La fin de leur prestation est accompagnée par des salves d’applaudissements très nourris. Une manière, peut-être, pour le public d’exprimer sa compassion par rapport à ce qui passe actuellement au Mali. Le jeune Saidou Mamadou Konté, lui également, place d’entrée de jeu la barre très haut, en dévoilant un rap renversant. "Le défi est lancé aux autres candidats", s’exclame Mister X.
Les hommages à l’eau et à l’environnement se poursuivent avec le collectif de rap CHB, composé de Cheibani, Moustapha et Bouvreir. Avec une chanson simple et énergique, Ennemy Fénandé offre une prestation qui élève la finale du concours de chansons sur l’eau et l’environnement. Quant à Fama Mbaye, elle fait régner une atmosphère de retour aux sources.
Entre Mohamed Ould Séyid et Papis Diarra au clavier, règne une belle intelligence musicale où toutes les langues se côtoient. Cette chanson aux accents reggae apporte de l’aération à la finale du concours de chansons sur l’eau et l’environnement.
Tour à tour, Aicha Mint Abba, Sidi Bailel Thiam et Halfel Diop refusent de lâcher du lest, en livrant des prestations hautes en couleurs. Il est 22h35 lorsque Yéro Ngoula Ndiaye termine son spectacle. Le public a déjà levé le voile. Sauf les membres du jury qui sont en train de se concerter pour délibérer.
Les noms des cinq lauréats seront dévoilés ce jeudi 31 janvier lors d’une grande cérémonie de remise des prix au Village de la Biodiversité, en présence du Ministre délégué auprès du premier ministre chargé de l'environnement et du développement durable, Amédi Camara, et du Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), Ahmed Ould Hamza.
Babacar Baye Ndiaye
Seydou Sow et Ari Roland Jazz Quartet partagent la scène pour un concert de jazz
Le groupe américain de musique Ari Roland Jazz Quartet a été en concert, à l’Institut Français de Mauritanie, à Nouakchott, le 17 novembre. Lors de ce concert, le groupe a plongé le public dans les notes du jazz.
Ari Roland Jazz Quartet est en Mauritanie dans le cadre d’une tournée africaine qui le mènera au Congo, Sénégal, Niger et Mali. Ce groupe traîne derrière lui une existence de plus de 25 ans.
Originaire de New York, ce groupe de jazz s’inspire du style des années 1930 à 1950, période dite de l’âge d’or du jazz. Son répertoire se compose de morceaux de Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Billie Holiday, véritables légendes du genre, ainsi que de compositions originales de quartette, saluées par la critique.
Outre ses représentations à New York, cette formation effectue de nombreuses tournées. Elle dirige également des programmes internationaux rassemblant autour du jazz de jeunes musiciens d’horizons très divers.
Ari Roland Jazz Quartet et Seydou Sow ont partagé la scène, le temps d’un morceau où se mêlent exotisme et fantasme. Quelques uns des morceaux du répertoire de la chanteuse Maalouma Mint Meydah comme "Jerade" ont été interprétés.
Rap mauritanien 2012 : Le mouvement marche à pas de tortue
Comme chaque fin d’année, arrive l’heure du bilan. Nous pouvons dans l’histoire du rap en Mauritanie, les rappeurs n’ont jamais connu le succès auquel ils ont eu droit pendant l’année 2012. Une année riche en son qui fut dans la continuité de 2011 et qui annonce un bon pour 2013. L’occasion donc de faire le point sur les échos du rap mauritanien. L’année 2012 a été riche pour le rap mauritanien. En termes de quantité tout d’abord. Des projets inédits, des collaborations et des mixtapes ont fleuri toute l’année. Et ce, peut-être dans une proportion jamais atteinte.
Quelque soit leur niveau et leur label, beaucoup de rappeurs mauritaniens utilisent les plateformes et réseaux sociaux comme des armes de promotion efficaces, qui leurs permettent d’exister dans l’adversité et de décupler leur visibilité. L’année a été riche en production. Une poignée d’albums s’est déversée sur le marché mauritanien. SORIMAREMOU, Rj, MC GO, MILITARY UNDERGROUND, EWLAD LEBLED, CEE PEE ont illustré l’année " hip hopérique "2012 avec leurs albums qui sont vendus comme des petits.
Et en termes de qualité ? Et bien pour une fois, les acteurs et observateurs du mouvement sont plutôt satisfaits. Après les remous et les doutes internes pendant plusieurs années, le rap mauritanien semble avoir enfin trouvé le bout du tunnel.
Pour DJ Khalzo, l’année 2012 est très positive pour le Rap mauritanien qui ne cesse de prouver son emprise et son engagement culturel. Précisant que ce lui souffre grandement cependant d’un manque de soutien qu’il qualifie " de ségrégation de la part du ministère de la culture de la jeunesse et des sports qui ne s’intéresse pas à cette musique urbaine combien importante surtout dans la promotion et la vulgarisation ". " Pour moi le rap mauritanien reste incontestablement la musique qui draine et qui éveille la masse " ajoutera-t-il.
" Même si nous ne figurons pas dans le portefeuille de notre ministère (excepté ceux qui jouent le jeu du système), les acteurs de ce mouvement dans leur majorité n’ont pas fait preuve de maturité " estime Yéro Abdoulaye Sow du groupe MINENTEY.
L’intervenant a constaté que : " les rappeurs avaient un espoir par rapport à la diaspora mais sérieusement ça va de mal en pire et qu’il y a un manque de détermination par rapport aux revendications ".
" J’ai aimé l’album de Cee pee, un jeune qui a galéré a Dakar pour faire un produit d’une dimension internationale malgré le manque de sponsoring ou du sponsoring ciblant les moyens techniques de distribution, de production et de la protection " confie -t-il.
" Le jeune rappeur s’est battu au Sénégal pour sortir son album et ça c’est notre fierté " martèle le rappeur.
Cheikh Oumar NDiaye. ( l'Authentic)
RapRim en Deuil
Fatim Diallo, ex-membre du premier groupe de rap féminin enMauritanie, nous a quittés dans la nuit du mercredi 9 janvier à jeudi. Elle est décédée au Centre Hospitalier National (CHN) de Nouakchott, des suites d’une longue maladie. Sa disparition a traversé le monde du hip hop mauritanien comme une terrible onde de choc.
Le talent de Fatim Diallo a éclaté au grand jour avec le collectif Les Filles du bled dont elle était une des figures de proue les plus respectées, au mileu des années 2000, à Nouakchott. Sa carrière musicale a été couronnée par de riches collaborations avec des rappeurs comme Adviser, Abda MC de Force Trankil et de Big Kana.
"Elle était une bonne personne qui restera à jamais graver dans les coeurs et les esprits", a réagi Roi Hems de Force Trankil.
"Il faut toujours se remettre à Dieu et accepter tout ce qu'il fait et se soumettre totalement à sa ferme volonté. C’est une bien mauvaise nouvelle que d'apprendre le décès d'une très jeune, brillante et respectueuse fille partie à la fleur de l'âge, Inna lilahi wa inna alleyhi radjiounne", a également réagi DJ Khally Mamadou Diallo.
Fatim Diallo est décédée à l’âge de 25 ans. Elle a été inhumée ce jeudi matin au cimetière de Nouakchott. Repose en paix !
Des Jeunes espoirs Mauritaniens à l’assaut des métiers de réalisateur
Quelque part à E-Nord, au Studio Holpac, une trentaine de personnes s’entassent dans une pièce rectangulaire. Ils sont là depuis 19 heures. Puis, entre deux conversations, un homme de taille transparente apparait et tape des mains. A son tour, l’assistance se plie pour l’écouter.
A l’ordre du jour : la présentation des différents scénarii et le choix des acteurs. Tour à tour, les dix réalisateurs, retenus dans le cadre des "Ateliers Studio Holpac 2012", vont se succéder pour parleur du synopsis de leur film de fiction. Abdoulaye Sall, 40 ans, prend l’initiative d’exposer en premier son court-métrage.
Tout comme les autres réalisateurs, il va réaliser un film de fiction sur les violences conjugales qui interroge la relation époux-épouse. Une manière pour lui de porter leur souffrance à l’écran. "Les victimes de violences dénoncent très rarement ce qu’elles subissent", argue Abdoulaye Sall. "Il faut dénoncer ces violences", dit-il.
A 40 ans, ce pharmacien de formation compte faire une cure de jouvence dans le domaine du métier de réalisateur. Lorsqu’on a des maîtres à penser qui ont pour noms Henri Duparc, Euzhan Palcy, Sydney Sokhna et Med Hondo, cela donne envie de suivre leurs pas.
C’est en 2011 qu’Abdoulaye Sall, qui a toujours aimé le cinéma, décroche son premier rôle dans un film de Yoro Banor, formé lui aussi par le Studio Holpac. "C’est à partir de là que j’ai commencé à prendre goût au métier de réalisateur", explique-t-il. Aujourd’hui, il a l’opportunité de concrétiser son rêve d’enfance en se formant au métier de réalisateur. "Je pousserai la barre très haut", assure-t-il.
"L’image exprime mieux que l’écriture"
Aller très loin, c’est aussi l’ambition d’Alioune Sidi Mouzeurigue qui va réaliser "L’Extrémisme", un film dans lequel il survole la question du terrorisme et du dialogue religieux. Très tôt, ce dévoreur de cinéma américain et arabe notamment Egyptien a compris que l’image est devenue une courroie de transmission des idées.
Pour cet étudiant en développement local et travail social qui exerce aussi le métier de journaliste : "l’image parle mieux que l’écriture". Il rejette aussi dans ce film l’hypocrisie de la société tout en affichant ses ambitions de partager ses idées en dehors des frontières de la Mauritanie.
Les verrous des métiers de réalisateurs ont aujourd’hui sauté en Mauritanie. Des voies sont désormais ouvertes aux jeunes femmes. Par leurs idées, elles donnent leur vision des choses, veulent être à l’avant-garde des questions qui touchent sensiblement leur société, la marche de leur pays. Elles n’hésitent pas à le clamer haut et fort.
À l’image de Binetou Diop, 24 ans, qui a fait de l’image son cheval de bataille contre la propagation de la maladie du VIH/Sida. Son film s’inspire d’une histoire réelle qui s’est déroulée à Nouakchott. Elle voit l’arrivée des jeunes femmes sur les terres fermes du cinéma comme une volonté de participer au développement du secteur.
Finies les phrases du genre : la place de la femme est au foyer. "C’est l’ère de la parité. Aujourd’hui, tout ce qu’un homme peut faire, une femme en est capable", affirme Binetou Diop. "Les femmes veulent aussi leur part du gâteau", ajoute-t-elle. "Etre réalisatrice, c’est un long chemin à faire. C’est une situation très contraignante qui demande beaucoup de sacrifice", avertit Ly Hamet Oumar.
"Des modèles pour d’autres"
Deux ans après sa création en 2010, Studio Holpac est devenu un laboratoire de fabrique de réalisateurs et de réalisatrices. Son directeur, Ly Hamet Oumar, a initié depuis son retour en Mauritanie une politique courageuse de promotion du cinéma en lançant les "Ateliers Studio Holpac".
En mettant en place le Studio Holpac, Ly Hamet Oumar a une idée derrière la tête: produire une génération de réalisateurs. "Qui seront des modèles pour d’autres qui veulent faire une carrière dans le domaine du cinéma", explique-t-il.
Pour lui, c’est déjà une victoire. "Tous les dix réalisateurs que nous avons formé savent maintenant écrire leur scénario, savent faire le découpage technique, savent diriger un casting, savent le rôle du réalisateur et de celui des acteurs, savent faire la séparation entre les films, les plans nécessaires. S’ils ont un bon cameramen, ils savent faire un film", commente Ly Hamet Oumar, avec beaucoup de fierté.
Ce 24 septembre, les dix films réalisés dans le cadre des "Ateliers Studio Holpac" seront projetés à l’Institut Français de Mauritanie (IFM).
Babacar Baye Ndiaye
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