Polémique autour de la demande d’asile du groupe " Diamin Min Tekki "
Bête noire des politiciens et des régimes au pouvoir mauritaniens, le groupe de rap mauritanien " Diam Min Tekki ", en tournée en Belgique, aurait demandé l’asile au Commissariat Général des Réfugiés et des Apatrides (CGRA) qui s’occupe des demandeurs d’asiles. L’information, parue dans le Net, a pris des allures folles notamment à Nouakchott où chaque artiste s’en est allé de ses commentaires. C’est que pour d’aucuns, cette perspective n’était pas attendue, parce que le groupe n’a jamais soulevé une quelconque contrainte à son égard. Au contraire ! Considéré comme la bête noire des régimes de Nouakchott qui se sont succédé depuis Ould Taya. Diam Min Tekki est resté le flambeau des " sans voix " étalant la vérité aux yeux du monde et ne ratant pas une occasion pour dénoncer les impairs du système qui gouverne la Mauritanie.
Depuis la France, la riposte du groupe ne fait pas attendre. Pour le manager du groupe, Madou Fall " tout cela n’est que suppositions de mauvaise foi… C’est dans un contexte particulier de jalousie que se sont développées des rumeurs comme quoi les rappeurs de Diam Min Tekki auraient demandé l’asile en Belgique. C’est faux ! Et ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Les mêmes rumeurs avaient été véhiculées l’année dernière, lors de notre première tournée en Europe ". Et d’ajouter : " le mouvement hip hop mauritanien est sale ".
" L’essentiel pour nos fans est qu’ils sachent que le groupe est en tournée en Europe et sera bientôt de retour au bercail conclue Madou Fall, manager du groupe " Diam Min Tekki ".
Le rejoignant, le coleader du groupe, Mar BA affirme en substance que le groupe est là pour la culture mauritanienne, " on est là pour notre tournée, on est des citoyens comme les autres, si ça nous tente, on sent qu’on doit demander l’asile on va le faire. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans la tête du journaliste qui n’est même pas venu nous voir avant de publier cette information sur le net. C’est dangereux de dénoncer les gens comme ça ; surtout pour un groupe comme Diam Min Tekki. Nos parents ont perdu leur travail à cause de notre engagement Et nous ne pouvons pas les abandonner dans cet état ". Il ajoutera : " l’engagement est en nous, on est né comme ça parce qu’il y a trop d’injustices en Mauritanie. Sans l’engagement, Diam Min Tekki n’est plus Diam Min Tekki, si on ne peut plus être engagé on va faire autre chose ".
" Diam Min Tekki " actuellement en Europe et qui a inscrit dans son programme des visites en Allemagne, Strasbourg, Belgique puis la France ne passe plus inaperçu. C’est d’ailleurs ce qui a provoqué autant de vagues après l’annonce rendue publique en début de semaine. L’occasion pour nombre d’observateurs de se demander quelles sont les raisons profondes d’un tel état de fait ? La nouvelle de leur demande d’asile, est-elle fondée, et a-t-elle était exprès diffusée pour tâter le pouls de l’opinion nationale et internationale ? Est-ce l’expression d’un ras le bol annonciateur d’une démission de la scène musicale qui ne finit pas de réserver de désagréables surprises ? Ou est-ce un piège tendu par les détracteurs du groupe en vue de leur créer encore plus de préjudices ?
En tout état de cause, on en saura plus d’ici décembre prochain qui consacrera le délai d’expiration des visas d’entée en Europe du groupe.
Cheikh Oumar N’Diaye.

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