Paysage musical : Différence de traitement et xénophobie
Paysage musical : Différence de traitement et xénophobie
La xénophobie dans l’art appelée aussi " jalousie artistique "gagne du terrain au sein des artistes nationaux comme au niveau du show biz international. Elle se retrouve surtout dans des pays où artistes nationaux et artistes de pays étrangers cohabitent. C’est le cas de la Mauritanie qui est devenue un point de passage particulièrement sollicité ces derniers temps par des artistes internationaux.
Dans le monde du Show biz " la jalousie artistique " ne se rencontre pas seulement entre les artistes nationaux, mais elle se fait aussi sentir entre les artistes nationaux et étrangers. Ce constat a été fait par le rappeur Mauritanien, " Enfant de la rue " lors de son intervention sur la scène de l’Ancienne Maison des Jeunes à l’occasion de la sortie officielle de son tube " Habobé é Bassal ".
Prenant la parole à ladite cérémonie, " Enfant de la rue " tenant à la main son gourdin qu’il surnomme " dis-mois la vérité " soulignait en substance que les rappeurs sénégalais n’ont pas plus de valeurs les rappeurs mauritaniens. Il ajoutera : " GASTON ", " XUMAN ", " Daara J" viennent ici pour prendre nos millions il est temps que nous refusons cela…On ne peut pas se laisser faire, il faut que nous fassions quelque chose ; nous ne devons rien ménager pour qu’on nous respecte " martèle " Enfant de la rue " sous les applaudissements nourris du public.
Cette remarque pertinente pour nombre d’observateurs qui constatent qu’au niveau des festivals ou des concerts organisés par des promoteurs mauritaniens, l’intérêt est d’abord porté vers les artistes étrangers, particulièrement, les sénégalais et les français. Et le pire, pour ces observateurs, c’est que non seulement ces invités coûtent cher (transport, hébergement, cachet, charges diverses…) mais le produit qu’ils présentent ne vaut souvent pas mieux que la " production locale ".
Et c’est cette différence dans le traitement qui créerait chez les artistes mauritaniens un sentiment de frustration, un sentiment de haine voire de la xénophobie à l’égard de leurs camarades étrangers.
Une telle situation s’est exprimée dans nombre de festivals notamment celui d’Assalamalekoum Festival International de l’édition 2010 où des rappeurs locaux tels MINEN TEYE, PACO LEGNOL et de ADVISER avaient décidé de bouder les événements au lieu de s’y aligner avec des cachets misérables (30 000 UM) au moment où les artistes hôtes étaient traités avec des cachets de plusieurs milliers d’Euros !
Pour autant, il faut remarquer que malgré cette différence dans le traitement, quelques artistes mauritaniens s’arment davantage de courage et de persévérance continuant à se produire avec des cachets insignifiants, lors de grands rendez-vous musicaux. Cela leur permet d’exploiter les supports pour mieux se faire connaitre. En plus, l’opportunité qui leur est offerte de côtoyer les artistes étrangers avec lesquels ils prennent des photos, constitue aussi une autre forme de promotion. En tout état de cause, il faut remarquer que les artistes mauritaniens souffrent en général de ce traitement. Victimes du ministère de la Culture qui ne leur octroie le moindre soutien, ils ne finissent pas de souffrir de leurs compatriotes, promoteurs qui ne cessent pas de sous évaluer leurs productions.
Cheikh Oumar N’Diaye
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